
Suite de [Rec], carton espagnol inattendu du film d'horreur sanguinolent, [Rec]2 était donc obligé de faire mieux que le premier opus. Pas sûr que l'objectif soit atteint.
En tout cas, telle est la pensée qui domine chez les critiques : si Les Cahiers du Cinéma affirment que cette suite "gagne en intensité" grâce à son esthétique visuelle inspirée des jeux vidéos, le choix d'une "" dénature "le défi technique et narratif du précédent titre" (Le Monde). Même écho chez Les Inrocks qui affirme que ce parti de mise en scène provoque, du coup, une "surenchère (…) balourde".
Au contraire, l'effet du premier opus continue d'opérer son tour de force chez les spectateurs : à écouter ADIGALLIA, [Rec]2 est "nettement plus accrocheur que Paranormal Activity !". Là où la critique reproche la multitude de points de vue, bats69 approuve cette "touche nouvelle" bien que la surprise du premier opus ne soit plus. "A réserver à des spectateurs plutôt convaincus" conseille islander.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Rendu à son statut de pur shoot'em up, le film gagne en intensité, se limitant à une traque en deux temps intelligemment rythmée (deux groupes se relayant tour à tour) malgré les limites criantes de la mise en scène.
Les zombies espagnols perdent de leur allant. La volonté de mimer le modèle de la télé-réalité destinée à accroître la tension et qui imposait la contrainte d'un seul point de vue dans [REC] a été remplacée par une multitude de points de vue, conséquence de l'augmentation du nombre de caméras subjectives. Ce qui supprime quelque peu ce qui faisait le défi technique et narratif du précédent titre. Enfin, l'intrusion de considérations sur le Diable et ses œuvres (les zombies sont des possédés du démon) n'apportent rien sinon une volonté d'explication dont on se passe volontiers.
Second épisode trop chargé du petit film d’horreur en mode docu YouTube. Moins une suite qu’un remake bling-bling (l’histoire est exactement la même), [Rec] 2 est dans le bluff total, multipliant les points de vue, les inserts, les grains de l’image et tombant dans une surenchère suffisamment balourde pour que le doute s’estompe devant la certitude que c’était une arnaque.